C’est pas moi, c’est toi

Le Bitch Blogging Featuring reprend du service, et c’est Thibaut qui assume la lourde tâche d’écrire le 100ème post de ce blog. Alors on se pose deux minutes et on lit, parce que cet article, je l’aime.

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Photo : Thibaut

Darling, je suis désolé d’être une merde superficielle. J’aimerais qu’il en soit autrement, mais je ne peux pas. C’est ainsi. Si je voulais changer, vraiment je le ferais, mais en fait ça n’est pas de mon ressort.

J’ai un problème tu sais : je n’arrive pas à décider de si tu es jolie ou de si tu es quelconque. Et sois bien sûr que c’est un vrai problème. Car pour te mettre dans mon lit et t’y garder sans te foutre dehors après, j’aimerais pouvoir trancher, prendre une décision. Tu dois te dire que je suis un sale type et que je mérite la pendaison haut et court. C’est un point de vue qui se défend, mais dans ce cas il va te falloir prendre un numéro et faire la queue. La liste des gens qui me veulent au bout d’une corde est déjà longue et tu vas devoir attendre ton tour. Le temps des privilèges est révolu.

Tu sais que j’aime bien ton visage, j’aime ses subtiles variations en fonction de tes expressions ; j’aime comme tu t’habilles, et tu sais que c’est très important pour moi. J’aime bien ce que tu écoutes, j’aime bien ce que tu dis, même si parfois j’ai envie de te gifler, car tu dis beaucoup de merde. J’en dis aussi c’est vrai, je ne devrais pas te jeter la pierre.

J’aime bien tes yeux aussi et ta poitrine qui se soulève lorsque tu respires. Tes longues jambes me font aussi tourner la tête et ton sourire est une arme de choix.

Quand je te vois, j’ai envie de te déshabiller, mais aussi de ne pas te toucher car quelque chose me repousse et je ne sais pas ce que c’est. Si je te touche, j’ai peur que cette magie ne s’éteigne et de ne plus arriver à te regarder, voire pire, à te parler. Avoue que ça serait dommage. Tu sais, je fais beaucoup d’efforts pour passer outre ma superficialité.

Tu as le potentiel, mais est-ce que j’ai vraiment envie de passer du temps à le développer pour qu’enfin, une fois que j’auraisfait de toi un jouet et que je me serai lassé, un autre en profite ? Tu le comprends bien, c’est une question de paresse. Jouer le professeur ne m’amuse pas vraiment.

En fait, pour te coucher près de moi et avoir envie de te voir le lendemain matin, il faudrait que ton âme soit plus importante que ton cul à mes yeux et soyons honnêtes : ce test, peu l’ont réussi.

Je t’imagine me fusiller du regard. Tu as raison, mais tu vas me rater. Le physique est important, l’esprit également. Tu sais prouver que tu en as et tu sais me surprendre. Mais la concurrence est rude et je travaille encore sur moi pour avoir une discussion avec toi sans avoir envie que tu te taises. C’est tout de même dommage d’avoir une aussi jolie bouche et de ne savoir l’utiliser parfaitement que pour embrasser et plus si affinités. Tu me diras que c’est déjà pas mal. Je te répondrais : « C’est vrai. »

Tu vas encore une fois me traiter de con prétentieux, et tu as raison. Mais ça n’est pas à moi qu’il faut t’en prendre, c’est à celles qui t’ont précédé et qui ont mis la barre très haute, surtout une. Alors forcément, maintenant tu joues sur une échelle d’où il est plus facile de tomber que de s’accrocher aux barreaux. Je suis devenu difficile, et je l’assume. J’ai fait un choix et crois-moi bien qu’il était dur à faire.

Tu vois, j’ai un dilemme, je ne sais pas quoi faire de toi et j’ai au moins l’honnêteté de te le dire avant de te mettre dans mon lit. Tu as une sorte d’alternative, et moi aussi. Nous jouons presque à armes égales. C’est beau, mais je ne suis pas sûr que tu puisses gagner la partie. Je me laisse encore le temps de la réflexion et j’essaie de garder l’esprit ouvert. Tu vas m’en vouloir, mais ça n’est pas grave, le pardon, ça existe et si possible, si je tombe sous ton charme, je te le demanderai.

Tu vois, je ne suis pas si mauvais.

Le 1er degré tue des chatons

Petit, petit, petit, smack smack smack, approche petit petit petit.

VIENS PRENDRE TA GIFLE.

Tu sais, en ce moment, les gens, c’est pas tellement ma came. C’est pas que je ne les aime pas, c’est juste que quand ils sont à proximité, j’ai un peu de mal. Alors j’alterne entre café et Xanax, je m’en sors à peu près. Je convulse, on ne voit plus que le blanc de mes yeux et je hurle « ta mère suce des b*tes en enfer » comme la Tourrette-victime de base, mais je m’en sors à peu près.

Présentement, j’ai particulièrement de mal avec les gens qui ont un sens inhumainement limité du second degré. Ils sont malheureusement légion.

Il se trouve que le chaland a une fâcheuse propension à tout prendre au premier degré, et à ne jamais tenter de regarder de l’autre côté du miroir, histoire de voir si il n’y aurait pas un « LOL » caché.

Ô plébéien, toi que j’aime chaque jour qui passe un peu plus avec toutes mes tripes et qui croit que « caustique » est une marque de détergeant type Cilit Bang, sache que les gens qui ont l’esprit de le pratiquer ne sont pas forcément de vilains frustrés emplis d’un sentiment de haine irréfragable. Il y a des gens pour qui cela est un mode de communication à part entière. Genre normal quoi. Comme quand toi de ton côté tu lances du « <3» ou du « XD » à l’emporte-pièce. Le second degré ayant cet avantage, en plus de ne pas t’humilier publiquement avec des signes incompréhensibles pour 98% de la population, de ne pas faire saigner des yeux.


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Se noyer dans l’océan du LOL.

L’autre jour donc j’ai poussé la porte du commissariat à côté de chez moi, pour réclamer une ordonnance d’éloignement généralisé.

« - Bonjour la Gendarmerie, je viens pour une ordonnance d’éloignement généralisé.

- Une ordonnance ? C’est pas Médecins du Monde ici. » qu’il a dit l’autre.

Laisse tomber le niveau là-bas, si on ne peut plus se reposer sur les épaules des forces de l’ordre, où-va-t-on, hein ?

« - Nan, une ordonnance d’éloignement, manant. Je refuse dorénavant que la plèbe puisse fréquenter les mêmes endroits que moi, en même temps que moi. Ca suffit deux minutes, ce mélange quotidien pas du tout de bon aloi. »

Quelle ne fut pas ma surprise Public quand les forces de l’ordre m’ont répondu que (en gros) « heu nan mademoiselle ça va pas être possible ». Ils ont avancé que c’est pas très légal, soit disant, de demander à faire éloigner tout le monde de soi, voire que ça serait limite un peu totalitariste comme démarche. Moi, totalitariste ? « Mais je vous INTERDIS de dire ça ! » que j’ai crié (et que j’ai perdu toute ma crédibilité niveau non-totalitarisme, du coup)

Je suis sortie de là comme une furie. En n’omettant bien évidemment pas de leur préciser que quand je serai Présidente du Monde, ce qui arrivera forcément bientôt, je les forcerai, de manière tout à fait légale, à bouffer leurs femmes et leurs enfants vivants.

On en était où déjà ? Le second degré donc. Celui qui t’engage et t’encourage à ne pas  prendre au sérieux la moindre remarque chopée à la volée. A chaque fois que tu fais preuve d’un premier degré consternant, Dieu tue un chaton. Réfléchis-y, petit scarabée. Là j’ai pas le temps de t’expliquer plus. Je travaille tu sais ?

Ndlr : ceci n’est en rien un règlement de comptes. Je dis ça pour ceux du fond qui cumulent imperméabilité au second degré et paranoïa latente. Non mais VRAIMENT hein.

Bisous d’amour et surtout :

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Do Not Press

Mes gros nazes !

Qui l’eut cru, vous m’auriez presque manqué. Ce que j’aime quand je m’absente de la sorte, ce sont les mails d’amour que vous m’envoyez. Parfois c’est très What The Fuck et je ne comprends pas tout votre langage, mais je lis votre prose avec un sourire bête. Continuez comme ça !

Qu’est-ce-qu’on fait aujourd’hui ?

Ben apparemment on ne travaille pas beaucoup, déjà, si on est sur ce blog en journée. Mais je ne suis pas là pour juger, libre à toi d’entuber ton patron qui, te voyant froncer les sourcils avec application derrière ton écran, se dit « quel bon employé, concentré et loyal, je suis si fier de mes qualités de recruteur. »

Promis, personne n’ira raconter ton petit vice à tes supérieurs hiérarchiques.

Donc aujourd’hui nous sommes là pour ressusciter une tradition qui a beaucoup souffert ces derniers mois : l’application iPhone du mercredi. Vaste tâche que constitue la résurrection d’un tel mastodonte, mais je te rappelle que c’est bientôt Pâques, niveau résurrection on en a vu des plus coriaces y’a quelques (milliers) d’années, se dit-il dans la légende (et qué s’apelerio Quezac)

BREF Lecteur, comme à notre habitude, nous digressons. C’est qu’on commence à trouver notre petite routine, hein, tous les deux ?

Pour le retour de l’appli iPhone du mercredi, on a Do Not Press. Je ne me fous pas de ta gueule avec du gros level, tu noteras.

Do Not Press, donc, cette formidable application à 0,00 cents qui va t’occuper pendant pas plus de 6 minutes, mais qui te rendra profondément heureux et satisfait. Extatique même, avancerais-je.

Puisque Confucius a décrété qu’une image vaut mille mots, je te propose de lui obéir docilement et de procéder à un flood d’images en règle.

do not press1

do not press2Tu vois, c’est pour ça qu’on ne peut pas être amis.

4Quelqu’un t’a déjà giflé ?

5Tu as l’air insensible à ma manipulation mentale.

6(Là, il y a un piège, sois prudent Lecteur.)

Tu es un malin. Prêt pour le 2ème round.

7Suis le lapin blanc.

10Le monde va exploser, et tout ce qui t’intéresse c’est appuyer sur des boutons.

9Tu te rends compte à quel point c’est nul ?

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Si après que je vous ai traduit le texte pour les non anglophones d’entre vous, vous êtes encore foutus de dire que je fais ma Bitch, je ne réponds plus de rien.

Donc là je t’ai fait un tout petit extrait, parce que j’ai pas non plus que ça à faire que choper des captures d’écran de mon iPhone pour tes beaux yeux. J’aime tes beaux yeux, hein, c’est pas ça, mais ma patience a des limites. Tout ça pour dire, Do Not Press est très drôle. Si tu comprends l’anglais, s’entend.

Il te menace, il t’humilie, il t’insulte. Moi j’adore. Particulièrement le « I hate you. In a « cut off your head with a toothbrush » kind of way. » (Je te déteste. Du genre « coupe toi la tête avec une brosse à dent »)

Je te raconte pas la fin, je suis pas chienne.

Allez bisous, file de là garnement.

Être un cliché vivant

La plèbe a encore frappé.

Hier, c’était la journée de la femme. Outre le caractère complètement absurde et inutile de cette journée sur lequel tout le monde s’accorde, aussi bien du côté des hommes que du côté des dindes femmes, il s’avère que c’est une formidable excuse pour ouvrir la Boite de Pandore des clichés qui ont la vie dure (oui parfois je me lance dans des métaphores aléatoires).

Pour la journée de la femme, sur la blogosphère, il y a eu deux mouvances : la « nous les femmes, nous le charme, nos sourires vous attirent et vous désarment » et la « ouais vazy trop rebelz de la life fuck la journée de la femme tavu 364 jours par an ça veut dire que c’est la journée des hommes ».

Comment vous dire que parfois, j’ai honte d’être une fille ?

Qu’on s’entende, hein, je ne renie pas mon statut, loin de là. Je profite allègrement des avantages que la féminité m’accorde, et parfois j’en abuse. Je suis la première à trouver ça formidable de faire partie du sexe pour qui on consacre 3000m2 de chaussures aux Galeries Lafayettes. J’aime dépenser stupidement mon argent dans des vernis à ongles et mascaras que je dispose dans une petite malle métallique, consciencieusement rangés, pour mieux oublier leur existence et retourner en acheter d’autres dès le lendemain. J’adore avoir une collection de robes, de foulards, de parfums, de sacs et de chaussures dont la somme totale avoisine le PIB du Botswana.

Nonobstant, comme on dit chez nous, caring about fashion doesn’t make me any less intellectual. Traduction : je m’intéresse à des trucs dit de filles sans pour autant faire fondre le cerveau des braves gens qui m’entourent, ni me transformer en grosse chèvre pourvoyeuse de lieux communs sur le genre auquel j’appartiens. Je ne peux souffrir ces filles qui font du mal à l’image de leurs congénères en étant dégoulinantes de niaiserie et de sottise. Celles pour qui être une fille, c’est vénérer les Jimmy Choo, les Louboutin et autres Manholo Blahnik. Les filles qui vont glousser au Latin Corner,  se battent pour un vilain pull H&M étiqueté Sonia Rykiel, veulent prendre des cours de désapage burlesque, et surkiffent les trucs de Princesses Disney passkecétrochou. C’est trop cool d’être une fille, hihi, on est trop mignonnes nous les filles, hihi on est fragiles aussi. Et si tu fermais ta grande gu*ule cool mignonne et fragile, ça ferait quoi ?

Ouais, ça ferait du bien à tout le monde. Étrangement, ce sont ces mêmes filles-hihi-trop-chou-hihi qui clament à tort et à travers que « trop injuste le Prince Charmant n’existe pas », vont aguicher le chaland Twitpic de seins à l’appui et s’indignent de la goujaterie masculine. Paradoxe tu as dit ?

Nan, meuf, je te le dis en amie, le Prince Charmant n’arrivera pas entre deux gloussements,  un « moi j’suis une fille bien dans ses Miu Miu » et une photo dévoilée sans aucune pudeur. Tu crois que tu vas rabattre un mec convenable avec une attitude pareille ? Même les autres filles te méprisent, et pourtant elles ont une grosse propension à la solidarité tout terrain. Un peu de discernement, merde, l’amoncellement de clichés a ses limites. Et si c’est moi qui te le dit tu peux me croire. Je suis quand même un putain de cliché de fille quand je m’y mets. Macarons, Gossip Girl et rouge à lèvres Chanel nude pour ne citer que ça. Mais être hihi-niaise-hihi, j’y arrive pas. Mes parents m’ont appris deux choses pour lesquelles je ne les remercierai jamais assez : la décence et le respect de ma personne. Ces deux principes passent par le fait de ne pas glousser à tous vents en jurant que « les mecs c’est trop tous des cons, vient on s’remet Mulan, c’est une vraie femme elle ! » et en prenant des photos de son décolleté qu’on postera un soir d’ennui sur Twitter en disant « hihi j’suis trop bourrée » alors que pas du tout. Être une fille, ce n’est pas être une accumulation de banalités ridiculement affligeantes.

Bref, les articles des blogueuses à l’occasion de la journée de la femme m’ont à peu près tous collé la gerbe. Sauf celui-ci. Taxez-moi de rageuse, collez-moi une volonté fictive de discréditer mes congénères (elles le font assez bien sans mon aide), faites-moi passer pour une fille frustrée. Faites. Je m’en fous, je suis une fille bien dans ses Jimmy Choo et je vous emmerde.

HIHI

(Pour rappel je m’étais déjà indignée ici : j’aime pas les filles. Comme quoi je suis constante dans mes avis quand je veux.)

Cartographie des clichés twitteriens

Je n’aurai de cesse de le dire : Twitter est une invention formidable. Pour peu que tu aies un ratio followers/following correct avec des gens intéressants dans ta timeline, c’est l’outil le mieux pensé de l’Histoire.

La convention veut qu’on compare Twitter à une cour de récré. Pourquoi pas dans la mesure où Twitter est un incroyable vecteur de mesquineries et de « nananèèèreuh ». Tu as tes copains, ceux avec qui tu passes le plus clair de ton temps, à faire des private joke. Les connaissances, ceux que tu trouves sympas mais à qui tu dis bonjour de loin. Les populaires, qui sont là surtout pour faire leur show et jouer à qui a la plus grosse. Les intellos, qui parlent d’actualité, d’économie, tout ça. Et aussi ceux que tu n’aimes pas mais que tu regardes quand même du coin de l’œil.

Et puis sur Twitter, c’est comme dans tous les microcosmes, y’a un lot de clichés alarmant. Aussi vrai qu’un lycée américain a ses clichés de cheerleader et de quaterback, Twitter a ses users-clichés. Hier j’ai fêté mon 5000ème tweet et je me suis dit que pour marquer le coup, on allait répertorier les users-clichés susmentionnés. (et aussi parce que je suis collée au lit  avec de la fièvre et que je n’ai rien d’autre à faire)

Le pseudo clasheur/la pseudo clasheuse qu’on connaît tellement tous qu’il semble limite inutile de le décrire. Mais allons-y quand même, ne soyons pas sectaires. Le pseudo clasheur est légion sur Twitter. Il ne fait pas grand chose de sa vie à part cacher son mal être derrière une méchanceté imaginaire, et a donc tout son temps pour fouiner les méandres de l’Internet pour trouver de quoi clasher ses petits copains. Quand ça lui retombe sur la gueule, il ne comprend pas, il pleure des larmes de sang à l’intérieur de lui-même mais préfèrerait mourir que l’avouer. Ainsi le clash se solde généralement par un « cherche pas t’as tort blaireau ». Attention à ne pas confondre le pseudo clasheur avec le cynique. Le cynique a souvent une vie bien remplie, avec un métier et une vie sociale, contrairement à son collègue abonné au pathétisme.

Le marketeux est sur Twitter comme dans la vraie vie. Que voulez-vous, un marketeux reste un marketeux. Mais on l’aime bien. Enfin surtout moi. Le marketeux répond à mes questions boulot improbables du genre « heu svp, pourcentage moyen de trafic généré par le référencement naturel ? » ou « dites, des outils de buzz monitoring ? ». C’est ça qui est le plus formidable : sur Twitter, les gens PENSENT en 140 caractères. Plus besoin de te fatiguer à faire des phrases élaborées. Colle un verbe et deux mots de liaison, tu entames un débat de 3 heures : « cherche chiffres trafic réf naturel ».

La meuf qui raconte sa vie inutile : on notera que c’est une tendance plutôt féminine, les garçons n’ayant que peu de prédispositions à s’épancher de la sorte. La meuf qui raconte sa vie inutile passe le plus clair de son temps à…raconter sa vie inutile. Ca donne des trucs comme « petit déjeuner devant la rediffusion de plus belle la vie ! » « je veux un cheriiiii ! » « j’ai plus d’agrafes ». Souvent, elle agrémente le tout de hashtags formidablement bien pensés : #pblv #petitdej #caliméro #jourderepos #aubureau. Point problématique : la meuf qui raconte sa vie inutile n’a pas compris que le hastag ne supportait pas les caractères type accents et ponctuation. Autre point problématique : la meuf qui raconte sa vie inutile est inutile mais pas méchante. Un « unfollow » vous ferait passer pour le gros connard de service. Life’s hard on Twitter.

L’inconnu(e) au bataillon qui a un profil public et 50 followers. Ouais bon ben je suis désolée hein, mais c’est comme partout, ça marche au réseau…NEXT.

La meuf vener qui s’est trompée d’endroit : en voulant s’inscrire sur Skyrock.com, une opération fallacieuse de Google l’a fait atterrir sur Twitter. Du coup, en lien de son compte, elle a quand même l’URL de son Skyblog, Cowblog ou Myspace, sur lequel tu peux lire des pépites de bon sens comme « j’suis comme j’suis, j’ai rien à prouver », « la flamme de la rage brûle en moi », « j’essaye de peser mes maux même si je viens du ghetto ». La meuf vener n’est en fait rien d’autre qu’un prototype rageux de la meuf qui raconte sa vie inutile sus-citée, sauf que cette dernière a la décence de ne pas prétendre apporter une quelconque valeur ajoutée à la twittosphère.

Bonus : les « j’suis tellement la Reine des Biatch, tu peux pas test’ »

La maman, voire sa version blogosphérique, la blogueuse maman. Elle, elle ne fait pas de mal. Je veux dire, de manière générale, elle ne cherche pas à faire de mal. D’ailleurs, elle n’est même pas consciente qu’elle te fait saigner des yeux avec ses « bébé couché, quel bonheur d’être maman » et ses « moi j’allaite ! » (Leche League Lobbying Inside). Rajoutes lui une option tricot/collier de nouilles/point de croix et tu as ton bon pour l’asile. Unfollow vite et sans te retourner, c’est un conseil.

La meuf qui veut pécho. Là on touche aux bas-fonds de la plèbe twitterienne. La meuf qui veut pécho se repère facilement, il y a en général peu de chance de se tromper. 3 indices :

-       la meuf qui veut pécho twittpic à mort, globalement uniquement des photos d’elle, la bouche en cœur, les yeux vers le ciel « prête pour sortir dans le froid hihi ! »

-       la meuf qui veut pécho fait des reply à tous les mecs à peu près baisables de sa timeline.

-       La meuf qui veut pécho ne distille jamais un tweet plus intéressant que l’autre. Non, la meuf qui veut pécho est linéaire dans sa stupidité latente. « Ouah, il fait froid, j’aurais du mettre une culotte ! »

Le e-crevard. Oui, la version à pénis de la meuf qui veut pécho. Le e-crevard est un spécimen plutôt répandu dans le sens où derrière leur écran, les mecs ont une fâcheuse propension à se présenter comme les petits frères de Brad Pitt. IRL, le e-crevard n’est pas du genre à s’adonner au «hé mademoizelle t’es bien charmante vas-y t’as vu file moi ton 06». Cependant, les voies de Twitter étant carrément pénétrables, le e-crevard se sent pousser des ailes et drague à tout va. «@meuf01 tu nous twittpic ta nouvelle coupe ?» «@meuf02 quand je passe dans ta ville, on va boire un verre !» «@meuf03 t’adores le macramé ? Mais moi aussi !» «@Ingrid est-ce-que tu baises ?»

Dans un monde parfait, on arriverait à coller la meuf qui veut pécho avec le e-crevard.

Le Gentil, pendant masculin de la meuf qui raconte sa vie inutile. Comment le reconnaître ? Profil public, bien évidemment, plus de following que de followers, il trouve tout le monde « super sympa » et RT sans compter, même des trucs pas retwittables. Ca donne des « HIHI RT @XX @YY haha LOL ». Le Gentil n’est pas seulement gentil, il est également foncièrement passionnant.

Ratio : « putain j’ai tellement envie de lui dire ta gueule mais il ne fait de mal à personne le pauvre » : 100/100.

La créature indéterminée. Fille ou garçon ? Lard ou cochon ? Tu ne sais pas bien, tu n’oses pas demander, ça t’intrigue mais en même temps tu ne veux pas t’en séparer car la bête a l’air inoffensive. En général, dans ces cas là tu te dis qu’avec le temps, tu verras bien ce que ça donne. Rien de grave à Beverly Hills, en somme.

Et moi je suis où ? Moi je suis le cliché de la cyclothymique qui dit « la vie est belle sur Twitter » à 15h02 et « je vous emmerde tous, please RT » à 15h04. Heureusement, je plaisante. Par contre je suis aussi le cliché de l’hystérique qui filtre frénétiquement ses followers. Il paraît que, je cite, je vis « dans la psychose ».

Maintenant Audience je te laisse le plaisir, que dis-je, l’immense bonheur de me dire si tu te reconnais dans l’un de ces clichés, voire même de t’en approprier un que je n’aurais pas listé et de nous l’expliquer. Et va pas me dire « nan mais attends, moi je rentre pas dans une case, quoi han » parce que si, tu rentres grave dans une case. Comme tout le monde.

Good bye my lovers, good bye my friends (James Blunt, sors de ce corps et arrête de chouiner)

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